Sur le terrain des RP : on se rappelle, as usual

Nous sommes en plein pendant les fêtes d’année. Nous avons des films qui sortent la semaine prochaine. Nous sommes un encore aux aguets sur notre portable au cas où. Depuis le début de ce blog, vous avez pu voir, comprendre notre métier, les tenants et les aboutissants des négociations pour obtenir des couvertures etc… 

Nous avons tous déjeuné vendredi midi et là j’ai eu l’idée de ce billet. Nous débattions sur le fait que le métier ne peut s’exercer que pendant une période précise. Pourquoi? Parce que la séduction est si importante dans ce métier, qu’il arrive un moment où la magie n’opère plus. Justement je vous parlais de la séduction dans un précèdent billet, mais concrètement comment cela se passe hors du terrain, une fois que la porte du bureau se ferme et que le portable est en mode personnel? 

Le métier te forme à adopter un certain type de caractère. Tu ne te laisses pas faire, tu ne lâches rien tout en étant souple. Ce jeu de séduction devient un véritable jeu, un piège que l’on se tend à soi-même. Dès que tu travailles dans l’univers des RP, ton rapport intime avec les gens change irrémédiablement. Si tu ne veux pas répondre, tu ne réponds pas alors que tu l’aurais fait auparavant par exemple. Je pense que ce jeu de séduction n’est pas uniquement lié au métier, mais à l’univers dans lequel nous évoluons. Le domaine du spectacle, du cinéma, du théâtre est généralement basé sur ce principe. 

Je pense, et ceci est un point de vue tout à fait discutable, que deux RP peuvent difficilement vivre ensemble dans le sens où l’un ou l’autre ne saurait pas si il/elle s’amuse à le manipuler ou vice-versa. De plus, les principaux sujets de conversation seraient le travail, ses stratégies etc… vive les repas de famille ! 

L’amour chez les RP c’est une saga, une véritable encyclopédie qu’il faudrait éplucher pendant des années afin de comprendre comment cela fonctionne. 

Une chose est sûre, si un jour vous croisez un RP qui ne parle pas beaucoup, qui écoute et qui raconte deux, trois blagues histoire de, ne cherchez pas vous êtes tombés sur moi. 

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Sur le terrain des RP : je note bien votre demande

La promotion d’un film dure environ trois mois (un peu plus si nous faisons de la presse sur un tournage). Durant cette période nous allons recevoir beaucoup de demandes d’entretiens, de phoner etc… Dans 99% des cas, nous aurons des critiques de la part de journalistes car le retour sur la demande n’est pas assez rapide etc… D’où l’utilité de ce billet :

Concrètement, que se passe-t-il quand la demande d’un journaliste arrive chez nous?

Il y a plusieurs cas. Le premier concerne les talents et réalisateurs qui n’ont pas d’attaché(e)s de presse personnels. Dans ce cas, nous récoltons un maximum de demandes (oui, nous n’allons pas l’appeler toutes les heures pour l’informer de telle ou telle demande) exception faite pour les mensuels qui bouclent très en amont les numéros. Après avoir récolté les fameuses demandes (entre-temps, nous avons déjà eu au moins trois relances) nous en faisons part aux personnes concernées. Nous discutons, débattons, appuyons les demandes qui nous semblent importantes et qui peuvent être refusées. Au bureau, nous travaillons “à l’ancienne” dans le sens où nous privilégions avant tout l’humain et si nous jugeons que tel reportage peut nuire ou donner une mauvaise image, nous refusons. Il peut s’écouler jusqu’à une semaine avant d’avoir une réponse. Dans tous les cas, nous nous efforçons de toujours apporter une réponse aux journalistes (positive ou négative). En effet, ces derniers ont besoin de se retourner pour proposer un autre invité et/ou sujet. 

Au fil du temps et de la manière d’amener les propositions, tu remarques rapidement qui est sérieux et qui ne l’est pas. Il n’est pas très agréable de voir, par moment, des journalistes faire des propositions et de ne jamais revenir vers toi. En effet, nous nous engageons auprès des talents avec des propositions et quand nous les rappelons, ils ne donnent pas suite. Le tri dans le fichier se fait donc naturellement.

Il y a un second cas qui est beaucoup plus complexe, même s’il peut être un véritable atout : l’intermédiaire. L’intermédiaire c’est l’attaché(e), le (la) responsable de l’image par qui les demandes doivent obligatoirement passer. C’est avec lui/elle que nous allons sélectionner, faire le tri. Le talent n’aura accès qu’aux demandes pré-validées par nous. Bien entendu, c’est à nous par la suite d’avertir les journalistes du refus ou non du talent. 

Il arrive par moment que nous soyons en désaccord avec l’attaché(e) de presse en question sur un entretien à faire ou non. Dans la majeure partie des cas, nous parvenons toujours à trouver une solution. Dans le pire des cas, ils nous arrivent de faire intervenir les agents et les producteurs. Nous utilisons l’artillerie lourde en cas de force majeure.

Une fois que tout est dans les tuyaux comme on dit, nous mettons en place une journée de presse. 

La réelle difficulté intervient lorsque des photos sont en jeu. En effet, nous devons réellement batailler pour les faire valider. Déjà, il faut réussir à obtenir les photos de la part du journal, ce qui n’est pas forcément évident. Il arrive que le journal effectue une première sélection, or nous souhaitons obtenir tous les clichés. Il y a donc une première phase de négociations. Vient ensuite la proposition aux talents. La validation peut s’éterniser et prendre des semaines. Il arrive même qu’un sujet tombe à l’eau à cause d’un refus catégorique de toutes les photos. Dans ce genre de situation, nous tentons de faire acheter d’autres photos (dans certains cas, le journal a lui-même organisé le shooting…). 

Ce billet n’a pas pour vocation de nous couvrir sur le fait que nous tardons à répondre aux demandes, mais plus d’essayer d’expliquer un peu le cheminement et la manière dont nous tentons de gérer au mieux pour tout le monde. 

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Sur le terrain des RP : les partenariats

Souvent discrets, tantôt efficaces, tantôt inutiles, les logos sur les affiches de cinéma sont le fruit, parfois, de longues négociations avec les institutions. Ces derniers sont les marques des partenariats mis en place sur un film. Ils vont aider à relayer la sortie d’un film.

Comment obtient-on des partenaires sur un film?

Dès que les producteurs et distributeurs ont une version finale du film, ils vont chercher des partenaires (journaux, radios, sites internet etc…). Selon le film, les partenariats ne seront pas les mêmes. Par exemple pour une comédie populaire, nous verrons davantage 20minutes, Fun Radio etc… Plutôt que Le Monde ou Libération. Dans chaque institution, il y a un pôle partenariat qui va décider ou non de suivre la sortie du film. Le nombre de partenaires peut varier, mais nous en avons généralement trois.

Tout n’est pas si simple que cela quand même. En effet, bien qu’un partenariat puisse être validé, le distributeur (c’est majoritairement lui qui gère cela) va tenter de tirer partie au maximum de cette collaboration. Prenons un exemple. Télérama propose plusieurs versions de partenariats (V1, V2, V3 etc..). Chaque version apporte son lot d’avantages. Le meilleur est bien entendu la V1 (mise en place de concours, avant-premières etc…).

Il faut parfois négocier, comme par exemple, avec les différentes radios d’un même groupe qui souhaitent soutenir le film. Se sera celui qui misera le plus. La phase du choix des partenaires est très importante pour un RP puisqu’il pourra faire jouer cet argument si jamais la critique est plus ou moins bonne. C’est aussi ça le rôle d’un attaché de presse, c’est offrir la meilleure presse possible. Pour la sortie d’un film, bien choisir ces partenaires est important puisque c’est sur l’affiche, premier contact du public avec le film, qu’ils seront imprimés. Selon les partenaires, le spectateur se fait déjà une image du film. Un long-métrage avec Télérama, le Figaro et Arte sera étiqueté “intello” et pourra créer une certaine réticence vis-à-vis du public.

Il y aussi quelques partenariats mis en place avec certains sites internet, blogs. En échange de places à faire gagner, de goodies ou autre, la bande-annonce est mise en avant. Attention, le cas est différent pour Allociné puisque la mise en avant sur ce site est bien entendu payant. 

Les partenaires sont comme des alliés qu’il faut prendre le temps de choisir soigneusement car, et je le redis, ils seront en première ligne face aux spectateurs.

Sur le terrain des RP : comment se déroule une soirée chiffres

Chaque sortie de film est particulière. Selon les premiers chiffres, nous savons si nous allons passer ou non une bonne journée. Dans tous les cas, le distributeur organise ce que l’on appelle une “soirée chiffres”. Nous nous retrouvons chez le distributeur ou dans un restaurant et nous suivons heure par heure le relevé des entrées. Session stressante au possible durant laquelle nous nous disons : “c’est plutôt un film de 20h que de 22h donc pas de panique”. C’est durant ce genre de soirée où l’attaché(e) de presse se transforme en véritable analyste dans une ambiance à la Wall Street. Attention, l’ambiance peut passer du rire à la déception selon les tendances et je dois avouer que c’est toujours triste d’assister à ce genre d’évènement quand les chiffres sont bas. A noté que nous avons dans un premier temps les chiffres Paris + périphérie. Vient ensuite les chiffres “France”. De plus, il y a ce que l’on appelle les coefficients. Par exemple à la fin de la première journée, le film réalise 3000 entrées Paris-Périph et 6000 France, nous dirons alors qu’il a un coefficient de 2. 

Ces soirées sont aussi l’occasion de mettre des noms sur des visages. En effet, nous sommes pendant trois mois en contact avec des personnes que nous ne voyons jamais… Le temps d’une soirée autour d’une assiette nous parlons cinéma, chiffres etc… Des rencontres éphémères très sympathiques au demeurant.

Quand les chiffres sont décevants, tout le monde se pose alors des questions sur la manière dont le film est sorti, n’aurions-nous pas mieux fait de passer à côté de tel article? etc etc. Nous avons beau enchaîner les sorties, il est impossible de prévoir si le film fera des entrées ou non. C’est aussi ça le cinéma. De belles surprises (comme pour La guerre est déclarée) comme des déceptions (Les géants de Bouli Lanners). Une fois le média aux mains du public, nous sommes plus les seuls juges. Le public est intransigeant, exigeant et il faut savoir doser subtilement la promotion. Trop et il sera saturé d’informations, pas assez il n’entendra pas parler du film. Certains films font parler d’eux-mêmes immédiatement sans qu’il y ait besoin de notre intervention. Pour d’autres, il faut se creuser et creuser encore pour avoir 5 lignes dans un journal. 

Tout cela pour dire que ce soir nous avons une soirée chiffres. Les dés sont jetés. La mise est posée. Impossible de faire marche arrière.

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Sur le terrain des RP : le premier jour de sortie d’un film

Quand vous avez travaillé durant trois mois à coeur ouvert sur un projet auquel vous tenez tant, le temps passe à une telle vitesse qu’il vous arrive de ne plus très bien savoir quelle année nous sommes. Le calendrier d’un RP n’est pas rythmé de manière classique du lundi au vendredi, mais de mercredi à mercredi ce qui rend, de ce fait, l’attention au temps quelque peu particulière. 

Nous avons beau anticiper les mauvaises critiques, retarder les publications, les étouffer, il arrive toujours le moment où le temps s’arrête net, où l’objet de votre travail vous échappe et vous passez ainsi le relais à d’autres mains, celles du public. La journée commence par l’achat de toute la presse quotidienne, des quelques hebdos qui sortent le mercredi. Tout est étalé sur les bureaux et l’on épluche. 

La rédaction de ce billet est assez particulière puisqu’elle intervient justement la veille d’une sortie d’un film. La promotion est quasiment terminée, nous faisons grimper au maximum les avis positifs, clôturons des concours, bref les dés sont jetés. 

Tout le monde a beau tout prévoir (la météo, car oui cela compte énormément), la durée (si le film dure plus de 2h, une séance saute), la journée va se jouer sur les premières entrées, celles de 9h00 à l’UGC Ciné Cité Les Halles. Chaque mercredi matin c’est le rendez-vous des producteurs, distributeurs, talents afin de prendre la température. Sur les chiffres de la première séance, nous pouvons d’ores et déjà prédire la fin de soirée. Il faut prendre tout de même ces propos avec des pincettes car le public des Halles n’est pas celui de l’UGC Normandie et donc le film (selon le public) fera plus ou moins bien à 9h00 (je pense notamment aux films d’animation qui fonctionnent très bien entre 14h et 18h). Afin de faire booster les ventes de tickets, les distributeurs emmène les acteurs dans les salles rencontrer le public. Il n’est donc plus étonnant d’avoir des salles pleines le matin. Il y a aussi d’autres méthodes pour remplir des salles, mais ce n’est pas l’objet de cet article.

Le passage de relais vers le public est le plus important, mais également le plus compliqué. Le rôle de l’attaché(e) de presse est justement situé à ce niveau, c’est-à-dire permettre de faire le lien avec le public.

Nous voilà mardi soir et pour une énième fois je vais voir, non pas un mais deux papas emmener leur enfant à l’école. Le premier jour est toujours délicat, mais j’ai confiance. C’est aussi ça le rôle du parrain, toujours positiver ! 

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Sur le terrain des RP : comment fabrique-t-on un dossier de presse

Le dossier de presse est une clef importante dans la promotion d’un film. Qu’il soit encyclopédique, sous forme de photocopie ou numérique il est un véritable livre de chevet pour les journalistes. Justement, comment fabrique-t-on un dossier de presse.

Souvent, les gens pensent que se sont les RP qui écrivent les dossiers de presse. Le rôle du RP va être de créer les organes de ce corps en papier, l’ossature (mise en page, stylisation etc… Étant effectués par une société extérieure). Avant toute chose, nous décidons des entretiens qui seront à l’intérieur. Dans 99% des cas, il y a un entretien avec le (la) réalisateur(trice), avec les comédiens (quelques uns s’il y en a beaucoup).

C’est à nous de trouver le ou la journaliste qui les réalisera. À noter que c’est une prestation de service rémunérée. Nous ajoutons la filmographie du (de la) realisateur(trice), celle des comédiens n’apparaît pas forcément tout le temps (il faut avouer que les agences n’ont pas forcément à jour les CV de leurs talents…). Nous concluons avec une liste artistique et technique. Une fois que nous avons récupéré les entretiens (après maintes relectures des talents et du (de la) réalisateur(trice), nous envoyons tous les documents à une société qui sera chargée de le mettre en page.

Nous recevons par la suite, ainsi que la production et distribution (le délai est variable), une version bêta du document que nous relisons et corrigeons. Nous vérifions les fautes de mises en page, nos coordonnées (très important). Nous renvoyons le document (idem du côté de la PROD et de la distribution) jusqu’à obtenir une version finale. Pour mémoire, j’ai pu voir passer une quinzaine de bêtas avant d’avoir le fichier final.

Une fois que le fichier est validé et approuvé, ce dernier part à l’impression et sera mis en ligne sur le site du distributeur. Environ 2000 dossiers de presse (variable selon les films) seront ainsi imprimés et donnés aux journalistes.

Reste à faire venir tout le monde, mais ça c’est une autre histoire…

2 notes 

Sur le terrain des RP : premier etage a gauche

Vous devez sûrement vous demander ce que cette phrase peut bien vouloir signifier. “Premier étage à gauche” est LA phrase que je dis le plus souvent chaque jour. En effet, mon bureau se situe non loin de l’interphone. J’ai donc en charge la réception et l’envoi des différents plis. 

Je profite donc de ce billet pour rendre hommage à tous les coursiers qui passent par notre bureau. Tout d’abord, bravo pour réussir à trouver nos locaux car ce n’est pas facile quand on ne connaît pas. Ensuite, qu’ils pleuvent ou qu’il y ait une tempête, vous braver les aléas de la météo pour amener en urgent un pli à un journaliste qui veut tout de suite, maintenant un document qu’il aurait pu télécharger. 

Cela étonne beaucoup de monde au bureau, mais au fil du temps, je finis par (re)connaître nos chers amis. Il y en a plusieurs. Il y a, par exemple, les coursiers du Grand Journal équipés comme personne, geeks au possible. Il y a d’un autrecôté nos amis de coursier.fr en vélo et en short par -5°. Les coursiers des sociétés de distribution sont généralement efficaces et sympathiques. Il y aussi les bourrus, ceux qui utilisent les WC sans demander.

Je fais généralement confiance aux coursiers, mais il arrive dans certains cas où le travail n’est pas fait correctement et c’est là que les problèmes arrivent. Le pli n’est pas déposer à la bonne adresse, le coursier n’est jamais passé, le pli n’est pas déposé. Bref, pour chaque commande c’est du 50/50. 

Il y a aussi le cas du journaliste qui n’a soi disant rien reçu alors que le pli est sur son bureau depuis hier soir… mais ça c’est une autre course, euh histoire pardon.

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Sur le terrain des RP : visite d’un tournage

Les gens me demandent souvent : “comment faites-vous pour avoir des films?”. Il y a plusieurs cas à vrai dire.

Le premier, le plus fréquent, arrive alors que le film est déjà terminé. Nous recevons alors un appel des producteurs ou du distributeur qui nous parlent du projet, du casting, de la date de sortie. Ils nous organisent ensuite une projection. Après concertation, comparaison avec nos autres dates de sortie, nous donnons une réponse (99,9% positive).

Le second cas, fréquent aussi, arrive alors que le film n’est même pas entré en pré-production. Il en est encore au stade de finalisation d’écriture. Ce n’est que quelques semaines plus tard que le tournage débute. C’est à ce moment précis qu’ils nous arrivent de nous rendre sur les plateaux de tournage.

Ce genre d’exercice n’est pas réellement notre tasse de thé. Non pas que nous ne souhaitons pas travailler sur place, non, il s’agit plus du fait de pas savoir concrètement où “se mettre” afin de ne gêner personne. Cet exercice est d’autant plus délicat lorsque nous arrivons avec de la presse dans nos valises. Amener des journalistes sur un tournage relève, par moment, d’un véritable tour de force. Déjà, il faut un film avec du casting sinon personne ne viendra. À la base, cette décision est mûrement réfléchie avec la production et la distribution. Nous ne prenons pas la décision tout seul. Nous faisons en sorte que personne ne dérange sur le plateau. Quand il s’agit d’équipe TV, forcément tout le monde veut filmer le réalisateur ou réalisatrice en train de donner des instructions, filmant telle scène. Du coup, la demande passe par le régisseur, puis le second assistant, le premier assistant et enfin de le réalisateur. Il faut ensuite demander aux comédiens. Par chance, l’un d’eux va refuser. Il faut donc négocier avec les journalistes. Ils ne vont pas comprendre pourquoi ils ne veulent pas. Ils se demandent ce qu’ils font là, s’ils ne peuvent pas travailler. Nous ne sommes plus des RP, mais des négociateurs. Le talent finit par accepter. Mission accomplie. 

Reste un petit problème, les photos. Nous ne venons pas uniquement avec des télés, mais aussi avec de la presse écrite qui va vouloir faire des photos. Le schéma décrit au-dessus reprend de plus belle avec une difficulté supplémentaire : la validation des photos par les comédiens, les agents et les attachés de presse. Dans bien des cas et afin de ne pas perdre de temps, nous refusons les photos sur un tournage et nous donnons une première photo du film en exclusivité. 

Le cas des photos à faire valider est un évènement que nous apprenons à gérer sur le terrain, pas dans une salle de classe. Cela fera l’objet d’un autre billet, car c’est assez incroyable. Néanmoins, je me souviendrai toujours d’une phrase d’une RP d’une société américaine qui me disait : “chez nous ce qu’il manque c’est un(e) attaché(e) de presse de plateau. Aux Etats-Unis, ils ont ça sur tous les tournages. Il (elle) fait valider une dizaine de photos par jour directement avec les comédiens. Chez nous, on attend le dernier moment. Verdict, 800 photos à trier et à faire valider la veille pour le lendemain”. 

Smash his camera !

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Sur le terrain des RP : un diner presque parfait

La vie d’un RP n’est pas seulement rythmée par des projections de presse, des journées de presse ou des avant-premières. Il arrive aussi que nous soyons invités à des dîners où se mêlent attaché(e)s de presse, distributeurs, producteurs etc…

Mais de quoi pouvons-nous bien parler lors d’un tel dîner? Quels sont les sujets de conversations? 

J’ai eu l’occasion de participer à une soirée de ce genre. Dans un premier temps, je ne sais pas s’il s’agit d’un automatisme, mais les RP se mettent ensemble les uns en face des autres. Comme une sorte d’instinct de survie où de je ne sais quelle autre forme, nous restons entre nous, abordons les futurs plans de la promotion du film, ce qu’il ne faudra pas oublier. Nous ne parlons que boulot ou promotion.

Je ne suis pas du genre à m’étaler publiquement. J’aime garder cette pointe de mystère. C’est pourquoi, je ne parle pas beaucoup, mais j’écoute et j’écoute encore. C’est à ce moment précis que tu te rends compte que les RP ont ce besoin de se confier encore et toujours. Même s’ils ne te connaissent pas, ils te confient des secrets, des évènements marquants du bureau etc… Pendant que les RP se confessent, la distribution parle de la concurrence, de séries TV. Ils ont toujours le regard aiguisé sur le “futur” sur les projets à venir. On parle argent sans nommer le nombre de zéro. Ils adoptent alors une forme de langage pro qu’ils sont les seuls à comprendre.

Il reste ensuite les autres invités, ceux qui ne se présentent pas dont on ignore tout excepté le fait d’être très exigeant sur les plats. Ils n’hésitent à tout renvoyer en cuisine sous prétexte que ce n’est pas assez chaud ou que le plat ne leur convient pas. Bref se sont toujours ceux qui paient pas l’addition qui sont les plus, comment dire, “problématique”. 

Pour résumé, quand un RP, comme moi, assiste à un dîner et bien il se tait et il écoute. C’est fou ce que les gens ont envie de parler. 

Sur le terrain des RP : comment organise-t-on les projections de presse?

Le but d’un attaché(e) dans le cinéma est de monter le (les) film(s) aux journalistes afin de rédiger des papiers le jour, la semaine ou le mois précèdent la sortie du film. Pour ce faire, nous organisons ce que l’on appelle des projections de presse. En accord avec la production et la distribution, nous les calons environ trois mois avant la sortie. 

Nous appelons des salles de cinéma qui se consacrent exclusivement à ce genre de projections (certains distributeurs ont leurs propres salles de projection). Selon les distributeurs, l’heure à laquelle aura lieu la projection, l’endroit, le prix peut aller du simple au triple. Par moments, il nous arrive de jouer les négociateurs de tarifs entre le distributeur et la salle, mais au final tout le monde s’y retrouve.

Une fois les dates validées, elles sont envoyées à la presse. A nous après de gérer correctement le flux pour ne pas qu’il y est de débordement (chose qui arrive très souvent!). 

Gérant les relations presse sur le web, je déplore l’absence de projections de presse organisées à 20h00. Il est vrai que les prix sont élevés à cette heure, mais il est tout de même beaucoup plus pratique pour les blogueurs de participer à des projections plus tard et cela nous permet à nous aussi d’être certain de pouvoir les faire venir. Le distributeur peut également organiser de son côté une projection spéciale pour telle ou telle personne.

Après, pour faire venir tous les journalistes et surtout ceux qui vont réaliser par la suite des entretiens, c’est une toute autre histoire…